Deux dogmes sont en train de disparaître sous nos yeux, aussi brutalement qu’ils sont apparus. Bonne et mauvaise nouvelle. Faire la part des choses serait une bonne chose. Mais le temps est médiatique, donc extrêmement rapide. Difficile de piloter en finesse.
“Développement durable“ et “Principe de précaution“ sont en cours d’enterrement, sans dentelle. Dans “développement durable“, on n’entend plus que écologie alors que les gros problèmes urgents de “là tout de suite“ sont sociaux. Dans “principe de précaution“, on n’entends plus que peur et société du “zéro risque“ alors que le fait d’entreprendre, d’oser, de faire preuve d’audace sont les sources profondes de nos problèmes d’aujourd’hui. “Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays et non ce que votre pays peut faire pour vous“ disait Kennedy en son temps.
Alors, que faire ? Quand tout est complexe, retrouver ses basiques… Il me semble qu’un des fondamentaux de l’espèce humaine est le sens des responsabilités. C’est sans doute en revalorisant ce sens là que l’on peut redonner du sens à notre civilisation. Un sens aux sources même du libéralisme d’ailleurs. Adam Smith précisait bien que le libéralisme était fait d’ouverture des marchés ET de sens des responsabilités. Et ça change tout.
On peut, on doit ?, oublier le développement durable mais surtout pas la RSE, avec le “S“ de sociale et de sociétal. Oui pour remettre l’être humain au centre et en MÊME TEMPS ne jamais oublier que celui-ci vit dans un éco-système qui, s’il n’est pas protégé, mène juste à la disparition de l’espèce humaine… Commençons par privilégier la dignité humaine tout en veillant au respect de la nature.
On peut, on doit ?, oublier le principe de précaution mais surtout pas le principe de prévention. Il est grand temps de veiller à ne pas faire de l’être humain un trouillard de tout ! Peur de la grippe qui va faire des millions de morts (on évoquait 10 % de la population !!!), peur de la mer qui se déchaîne (toutes ces habitations construites sur des zones à risques !!!), peur des nuages de cendres (qui couvre la France entière, que dis-je l’Europe entière !!!). Le zéro risque n’existe pas. Forget it disent les anglais. A force de tout craindre on ne prépare personne à affronter les difficultés alors que c’est précisément là que se forge l’Homme…
Par sa capacité à s’adapter, à inventer, à innover, à entreprendre. Redonnons le goût du risque. Arrêtons de fabriquer une espèce assistée qui est paumée quand elle atterrit à l’aéroport de Toulouse et non à Paris !!! Qui est paumée quand le GPS tombe en panne, bref quand un imprévu se présente. La société a besoin de retrouver des citoyens responsables. Qui entraînent, qui inventent, qui prennent des risques, qui assument leurs choix. Tout en respectant nos deux “mamelles nourricières“ que sont les être humains et la nature. Ça ira bien mieux ainsi. Des citoyens responsables qu’auraient pu être les syndicalistes de la SNCF qui se seraient grandis en arrêtant leur conflit en pleine désorganisation du ciel, par exemple. Des citoyens responsables qui arrêtent de faire du lobby pour éviter les efforts de changements de mode de fonctionnement. Des citoyens responsables qui déterminent des routes du ciel, semble-t-il faciles à faire, pour éviter le nuage de cendres qui ne couvrait pas toute la surface du ciel européen (aux Etats-Unis, en pareil cas, c’est le commandant de bord qui décide s’il décolle ou pas, et les passagers s’ils veulent partir ou pas). Des citoyens responsables qui restent dans leur maison inondables, s’ils le désirent, tout en dégageant l’Etat des conséquences en cas de problèmes.
Bref, plein de solutions… Si chacun sait faire preuve de responsabilité et d’un doux équilibre entre l’intérêt général et l’intérêt particulier.
Et si on arrêtait d’en parler et de FAIRE ?