L’information sera mobile
Je vais vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : dans les années 80, certains bus et rames de métro s’étaient vus affubler d’écrans de télévision, qui diffusaient en boucle des programmes mièvres. Le modèle, qui devait être financé par la publicité, fit long feu.
Aujourd’hui, dans le métro, mais aussi au Mac Donald’s, au Printemps, d’immenses écrans plats diffusent météo, Bourse, news, mais aussi des publicités bien entendu. Et le modèle semble tenir. A tel point que depuis peu, ce sont les panneaux publicitaires rétro éclairés, qui cédent désormais leur place à des écrans plats, permettant de mêler, là encore, message publicitaire et contenus.
Mais il en est d’autres, des écrans, dont la valeur va augmenter dans les semaines et mois à venir, et sur lesquels il deviendra stratégique d’apparaître. Plus d’un Français sur quatre utilisera régulièrement l’Internet mobile en 2014, d’après PriceWaterHouseCoopers. Soit 18 millions de Français.
Utopie ? Pour une fois, la réponse est assurément non. Pas de bulle derrière ces chiffres. Une fois n’est pas coutume, je me permettrai d’illustrer ici mon propos à l’aide d’un exemple personnel. Le 16 avril dernier paraissait sur l’Apple Store une application baptisée « Pourquoi », dont j’ai commis les textes. Le titre suffit à deviner l’offre éditoriale proposée à l’intérieur. Au passage, notons que l’application, proposée à 0,79 € d’euro, a été achetée sans hésitation par 70 000 utilisateurs d’Iphone à ce jour, ce qui prouve que les contenus peuvent avoir de la valeur, et que les consommateurs de médias sont encore prêts à payer, même pour les contenus dématérialisés.
Mais le sujet n’est pas là. Avec un parc installé de 3,7 millions d’Iphone en France, « Pourquoi » a conquis un lectorat de 70 000 personnes, en deux mois. Soit bien plus que bien des magazines pourtant présentés comme influents en kiosque, dans leur secteur.
Mieux : si nous étions sur un parc installé de 18 millions de smartphones – du même acabit que l’Iphone, ce qui n’est pas encore le cas à ce jour – cela donnerait peu ou prou 350 000 lecteurs en 2014. Encore mieux, sachant que ces lecteurs reviennent en moyenne 2,2 fois par semaine sur l’application, et que leur temps de lecture est de 13,3 minutes – des informations statistiques collectées anonymement par l’application et envoyées sur des serveurs à des fins d’analyse – ce sont plus de 650 000 lecteurs qui ont consulté « Pourquoi » en deux mois.
Vous suivez je pense mon raisonnement. En 2014, mais en fait, dès aujourd’hui, le téléphone mobile sera un média à part entière. Texte (e-books, e-magazines, e-quotidiens), son (podcast audio, radio on demand), vidéo (podcast video, video on demand), s’y consomment partout et facilement. L’écran à conquérir, pour ceux qui ont des messages à faire passer, n’est plus tant le téléviseur, dont les audiences sont éclatées en des centaines de chaînes thématiques sur le câble et l’ADSL, mais l’écran du téléphone mobile, ou la « killer app » deviendra le « media center » du Français de demain.
Et qui seront les « media center » sur nos téléphones, en 2014 ? Parions que nous ne les connaissons pas encore. Il y eut le Petit Journal, France Soir, TF1, Google, il y aura demain un nouveau média de référence, et celui-ci sera sans doute mobile, ou multi-mobiles.












