Contre la fatigue… le bon sens et la méthode
Le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, a remis au Chef de l’Etat son rapport annuel dans lequel il estime la société française “fatiguée psychiquement“. Et il souligne trois éléments qui m’ont interpellé ! Le premier à propos de l’administration qui “gère des dossiers, non des personnes dans la difficulté“. Ensuite à propos des politiques “pas assez dans la construction d’une vision collective“. Enfin, à propos des élections présidentielles de 2012 avec la question centrale selon lui du “vivre ensemble“. Ce qui semble de bons sens…
On retrouve tous ces éléments dans nos missions quotidiennes de conseil auprès des organisations. Et j’ai repensé à mon “père spirituel“ en communication, Patrick d’Elme, disparu récemment et beaucoup trop tôt. Il a été un des fondateurs de la communication corporate en France dans les années 80 avec l’agence leader à l’époque, le Groupe Francom. J’ai eu l’honneur et la chance d’en faire parti.
Nous avons appris avec lui à ne jamais parler de cibles, mais de publics. “On ne tire pas sur des clients, on est avec eux, à leurs côtés“ ! On s’amusait à lister toutes les appellations pour parler du client : siège, usager, ticket… Et donc dossier dans l’administration ! Effrayant comme signe de non considération, de non respect.
Nous avons appris avec lui à toujours commencer par travailler le triptyque “Vision, Mission, Vocation“. N’est-ce pas ce qui manque cruellement à la société actuelle ? Comme à certaines entreprises ?
Nous avons appris avec lui que la communication s’appréhendait en segmentant les publics (interne, externe, environnement) et les attitudes (écouter, dire, faire ensemble), d’où la matrice géniale que Patrick avait mise au point “le tableau à 9 cases“ que l’on nommera désormais le “tableau d’Elme“. Il insistait beaucoup sur cette suite logique, commencer par écouter, poursuivre par le dire et enfin faire avec les publics. Faire ensemble… Les relations publiques ont pris un coup avec la crise et pourtant elles sont plus que jamais essentielles. Sûrement sous une autre forme, moins dispendieuses, avec plus de fond, d’authenticité, de sincérité aussi. Rien de fort ne se fait sans élan collectif.
Des fondamentaux plus que jamais utiles.
Merci Patrick.












