Haïti : cas d’école
Le drame qui frappe Haïti est un cas d’école pour tous les « pros de la com » qui ne sont pourtant pas à l’abri de se prendre les pieds dans le tapis, comme les exemples à suivre le montrent.
Des expulsions
Peut-être Eric Besson n’avait-il demandé conseil à personne de son équipe avant d’annoncer qu’il suspendait les expulsions vers Haïti. La faute de « goût », pour ne pas dire autre chose, n’en est pas moins colossale, et surprenante venant d’un homme politique qui a réussi à se hisser très haut grâce à ses capacités de réflexion et ses talents en matière de communication.
Des Français
En revanche, Bernard Kouchner expliquant à la presse que cinq, peut-être six Français pouvaient avoir péri dans le tremblement de terre, et qu’une cinquantaine manquaient à l’appel… Lui, pourtant, avait été briefé. Il était encadré. Le discours avait été construit par plusieurs « communicants ». Aucun ne détectant l’indécence de parler de 5 ou 6 Français quand le chiffre de 100 000 victimes était sur toutes les lèvres.
Du marketing
Mais la palme revient sans aucun doute au voyagiste proposant à grands renforts d’affiches dans le métro et de newsletter électroniques des séjours en… République Dominicaine. 0° C à Paris, 25°C à Punta Cana. Et 50°C à Port au Prince ? Que l’on ne me réponde pas « les affiches étaient imprimées avant le drame ». Un bandeau, ça se rajoute, une newsletter, se modifie en deux minutes. « Solidarité Haïti : 30 euros reversés à la Croix-Rouge » m’aurait paru d’abord évident, ensuite, sincère, enfin, responsable, bref… frappé au coin du bon sens.
Mais je peux me tromper, et Besson, Kouchner leurs conseillers et les pros du marketing touristique, avoir eu raison.
Pourquoi j’ai des doutes ?













20 janvier, 2010 at 22 h 48 min
Pourquoi Le gouvernement français en dépit de ses rapports avec haiti et de son inquiétude par rapport aux américains dans la crise humanitaire qui frappe haiti, n’a jusqu’à présent rien fait pour les sans-papiers haitiens qui vivent sur le territoire français?
21 janvier, 2010 at 11 h 06 min
Bonjour et merci pour votre réaction,
difficile de faire un cas particulier pour les haïtiens spécifiquement, cela créerait un précédent en droit, dont tous les sans-papiers originaires d’autres pays en crise et pas seulement des pays sinistrés pourraient utilement se prévaloir… La population française a augmenté de 350.000 habitants l’an dernier, avec pourtant un taux de natalité de 1,99 par femme. Or, il faut une natalité de 2,05 minimum pour assurer le renouvellement de la population. L’essentiel de notre croissance démographique vient donc bien d’un apport extérieur. Il y a donc bien un enjeu majeur à Haïti comme dans d’autres régions du monde, aussi bien pour la France que pour les Etats-Unis et d’autres pays développés : éviter à tout prix que ces pays se vident de leurs dernières forces vives, faisant le pari de l’émigration ! Si les derniers universitaires, médecins, entrepreneurs, etc, quittent Haïti à « la faveur » de la crise, c’est la fin du pays… C’est la principale raison pour laquelle les Etats-Unis sont aussi massivement intervenus à Haïti, afin d’éviter que des centaines de milliers de boat-people débarquent en Floride, à 500 kilomètres de là, « une promenade »… Ils ne pourraient pas leur tirer dessus ni les rejeter à la mer et seraient obligés de les accueillir massivement, déstabilisant du même coup Haïti et la Floride…
Bien à vous
JBG
26 janvier, 2010 at 10 h 25 min
Merci pour ces quelques mots et surtout pour cette mise en avant des paroles de Kouchner sur le nombre de français morts par rapport aux haïtiens. Je pensais être la seule à trouver cette attitude déplacée.
Je suis ravie de m’être trompée.